Le zoo...

Zoo !

Mot magique !
Qui n'a pas le souvenir d'une visite à un zoo quand il était enfant ? De ces émerveillements devant les éléphants, les girafes, les rires devant les facéties des singes, le frisson de la peur lorsque le lion baillait en ouvrant grand sa gueule découvrant ses crocs redoutables.
C'était aussi l'occasion de chiper et croquer quelques cacahuètes dans le sachet acheté pour jeter aux singes facétieux. Les enfants en ces années 60 étaient fascinés par cet univers, Il régnait une atmosphère très particulière dans ces endroits un peu hors du temps. Mais une journée au zoo de Vincennes laissait dans la tête des images pour longtemps...

Certes, avec les années, le plaisir n'est plus le même, les documentaires animaliers ont largement désacralisé le mystère des animaux sauvages. Les images que nous voyons aujourd'hui auraient horrifiées les gamins que nous étions.... 
A l'époque, sur la seule chaîne de TV, il n'y avait qu'un documentaire animalier, "La vie des animaux" de Frédéric Rossif qui était commenté par Claude Darget (journaliste auparavant présentateur du journal télévisé et placardisé car il déplaisait à De Gaulle, mais je m'égare). L'émission passait le samedi soir et bien entendu, les images étaient très softs, pas question de traumatiser les chères têtes blondes avant de les envoyer au lit. On ne connaissait ces animaux qu'à travers les illustrations figées de nos encyclopédies, le noir et blanc et la qualité moyenne des images ajoutaient un petit côté magique à ces documentaires.
Aujourd'hui, les reportages animaliers sont devenus monnaie courante, il y a même une chaine spécialisée (NatGéoWild) qui diffuse en continu. Maintenant, lorsque les lions capturent un buffle, le sang gicle sur les écrans, les hyènes éviscèrent les gazelles, les crocodiles découpent les zèbres qui ont l'imprudence de traverser la rivière parce que l'herbe est plus verte sur l'autre rive. Si ces documentaires ont gagné en réalisme, ils ont indéniablement perdu en poésie...
On pourrait croire que cette surabondance d'images aurait tué les zoos.

Il n'en est rien.

Ils gardent toujours un énorme pouvoir d'attraction auprès des enfants. Dans chaque région des parcs animaliers ont été créés, avec il faut le reconnaître, plus ou moins de réussite. Certains ont acquis une renommée internationale et développent des programmes de sauvegarde d'espèces menacées, comme Beauval. D'autres hélas, vivotent avec des moyens réduits, et les animaux y vivent dans des conditions parfois douteuses.
C'est le cas du Zoo de Fréjus, objet de ce premier "Carnets de ballades"…
Le parc zoologique de Fréjus est un parc privé créé en 1971. Il est situé dans un cadre naturel typiquement méditerranéen, agréablement paysagé et bénéficie du climat privilégié de la Côte d'Azur. Une visite au mois de juillet vous fera peut-être changer d'avis. Les chemins rocailleux de ce parc de 600 hectares réfléchissent les rayons du soleil et il y fait très, mais vraiment très chaud et les zones ombragées sont rares sinon inexistantes. Quand on arrive au bout de la visite, malgré un plan des installations incohérent et pas à jour, on est sur les rotules et assoiffé. Un misérable snack, au tarifs prohibitifs, permet de se réhydrater.
Quant aux animaux, il manque cruellement de verdure et de zones ombragées et ne sont pas toujours très visibles. Bref, sentiment d'ensemble très mitigé et ce ne sont pas les tarifs d'entrée, 17€ pour les adultes, 12€ pour les enfants qui amélioreront l'impression générale.

Conclusion : visite évitable même si les enfants apprécieront.