Le 2 décembre 1959, 21H13...

Je ne sais pas comment ni pourquoi ce nom m'est revenu en tête, peut-être lors d'une recherche sur Google maps. Toujours est-il que s'est éveillé un souvenir du temps où j'étais tout gamin, la catastrophe du barrage de Fréjus. Je n'avais qu'une 10zaine d'années mais cet événement m'avait profondément marqué, sans doute aussi sous l'influence de mes parents qui, comme nombre de français, commentaient horrifiés cette tragédie.

De quoi s'agit-il ?

Je vous résume ici très succinctement ce drame. (Si vous êtes intéressés et souhaitez avoir plus de détails, vous trouverez en bas de page des liens utiles).

Au début des années 50, un barrage est construit sur le Reyran, une petite rivière de type torrentiel, pour assurer l'alimentation en eau des villes de Fréjus/St Raphaël. Il est inauguré en 1954.
Fin 1959, la région connaît un épisode de pluies torrentielles comme elle en connaît régulièrement. Pourtant celles-ci sont particulièrement abondantes et provoquent une crue très violente. Le niveau de la retenue derrière l'ouvrage, habituellement à une 10zaine de mètres sous la crête, monte très rapidement, 4 m en 24H. Il aurait été possible de soulager la pression de l'eau sur le barrage en ouvrant une vanne de vidange prévue à cet effet, mais cette solution ne fut pas retenue au prétexte que cela aurait causé des dommages au chantier de construction de l'autoroute de l'Estérel (aujourd'hui A8) qui se trouvait 1km en aval. 
Devant la montée continue de l'eau qui a dépassé le niveau de sécurité et qui menace de passer par-dessus le fait de l'ouvrage, le 2 décembre à 18H la décision est prise d'ouvrir cette vanne...
Mais c'est trop tard.
L'effet de l'ouverture de la vanne, ridiculement sous-dimensionnée par rapport à l'ouvrage, ne suffit pas à soulager l'énorme pression sur la voute. 

Le 2 décembre 1959, à 21H13, le barrage rompt…

Il libère 50 millions de mètres cubes d'eau qui créent une vague de 40 à 50 mètres de haut, 1km de large, qui déferle à 70 km/h dans la vallée, et se transformant en fleuve de boue, emporte tout sur son passage. Ce fleuve qui, 21mn plus tard, va engloutir les malheureux habitants de Fréjus prisonniers dans leur maison, sans aucune possibilité de s'échapper …
423 morts…
Les sauveteurs découvrent un paysage apocalyptique de blocs de béton, de ferrailles
tordues, d'arbres arrachés, de pans de murs des maisons éventrées qui rappelaient que des familles vivaient là. Des corps seront retrouvés des jours plus tard jusque sur les plages d'Hyères.
La plus grande catastrophe civile s'étant produite en France. 
Cette catastrophe est essentiellement due à une chaine de défaillances humaines, liées à des décisions depuis la construction du barrage jusqu'à la gestion de la crue.
Et le pire est que la justice n'ayant reproché aucune faute professionnelle aux constructeurs, leurs responsabilités personnelles, tant pénale que civile, ne fut pas retenue, le cas de force majeur non plus. Résultat, En l'absence de responsable, les assureurs des constructeurs n’ont dû verser aucune indemnité aux victimes. La charge financière des dommages publics a été assumée par l’État et le département et celle des victimes, essentiellement par la générosité publique.

Profitant d'un passage dans la région, je décide d'aller voir le site. 
Il y un bon kilomètre à parcourir sur un chemin chaotique et rocailleux pour accéder au pied de ce qui reste du barrage et en ce mois de juillet, il règne une chaleur écrasante qui ne facilite pas la progression.
A mesure que l'on approche, on découvre des restes de ferrailles tordues, des blocs énormes de béton, des restes d'habitations. 
Au pied de ce qui reste de l'ouvrage, il règne ici une étrange atmosphère. Pas un bruit, même pas un chant d'oiseau comme si ce lieu inspirait encore l'effroi. Et c'est un peu le cas… En levant la tête, je revois le barrage qui explose littéralement, libérant la vague gigantesque. 
J'imagine les familles en train de dîner autour de la table familiale ou tranquillement installées au salon.Le père lit son journal tandis que la mère fait la vaisselle en surveillant les enfants du coin de l'oeil ; demain c'est jeudi, il n'y a pas école, alors ce soir on peut traîner un peu avant d'aller au lit. Tous lèvent la tête, s'interrogent du regard en tendant l'oreille. Mais quel est ce roulement sourd qui monte au loin ? Que se passe-t-il ? On se regarde vaguement inquiet. On repense avec effroi aux raids des bombardiers de la guerre que tous ont encore en mémoire.Le grondement s'amplifie, il approche de plus en plus puissant. Cette fois, tout le monde comprend qu'il se passe quelque chose d'indicible, que dans la vallée, du fond de la nuit, un être monstrueux roule vers eux. La peur envahit les maisons. Tous se précipitent qui vers les fenêtres, qui dehors, pour essayer de percer la nuit. Le bruit est infernal, peut-être certains auront le temps d'apercevoir la montagne d'eau et de boue qui est sur eux et qui va les engloutir, mais ils n'auront probablement pas le temps de comprendre ce qui se passe avant d'être balayés par la vague scélérate comme des fétus de paille.
Jeudi 3 décembre 1959, la France se réveille et apprend la catastrophe. Le traumatisme est énorme, et avant que les inévitables polémiques surgissent, le pays entame un long deuil. Désormais,et pour très longtemps, plus un français ne peut approcher un barrage sans que dans son esprit résonne ce nom : Malpasset...


Le site de Malpasset aujourd’hui...





Malpasset, le lendemain (photos d'époque)...




Mais hélas, Malpasset n'est pas un cas isolé en Europe. D'autres catastrophes ont endeuillé le siècle...Ruptures de barrages en Europe.. 
Si votre curiosité a été éveillé et que vous souhaitez en savoir plus, je vous ai sélectionné quelques sites intéressants, (Liste non exhaustive)...Pour en savoir plus...

Bonne lecture...







Le château du haut de Cagnes...


 Découvrez le château...
Cliquez pour découvrir le château...

Aujourd'hui, je ne vous emmène pas très loin, juste derrière chez nous.
Pas loin, mais pas forcément facile d'accès : le château du Haut de Cagnes.
On l'aperçoit de notre fenêtre, dominant la ville de sa stature lourdaude.
Son architecture banale n'a rien de remarquable, c'est sa situation qui nous intéresse ici…

Situé sur le point culminant de la ville, il existe trois possibilités pour y accéder :
    -La voiture : mais arrivé en haut, bonne chance pour trouver un stationnement. En fait, c'est quasi impossible ;
    -La navette : gratuite, elle vous déposera sur la place du château. Mais à réserver à ceux qui ont du mal à marcher
     -La marche : c'est évidemment la solution que nous allons adopter.

Nous partons du centre-ville de Cagnes. Après être passés devant l'hôtel de ville, on est tout de suite dans le vif du sujet et on comprend qu'il va falloir tirer sur les mollets.

 Mais quel ravissement.

Cliquez pour découvrir Suzy Solidor
Nous enchaînons les petites ruelles sombres et étroites bordées de maisons biscornues où le soleil ne pénètre pas, ce qui doit être très agréable avec les étés torrides de la région. Certaines de ces maisonnettes sont hauts perchées et pour y accéder, des escaliers aux marches hautes et irrégulières.
Ici, tout est silence, loin du tumulte de la ville que nous avons laissé derrière nous.
Enfin, au bout de l'effort, vous arrivez sur la place du château où vous attendent buvettes et restaurants. Vous pourrez visiter le château, devenu musée Grimaldi, où du haut de la tour vous découvrirez une splendide vue sur la Baie des Anges. Avant d'attaquer la descente vers la ville, jeter donc un coup d'œil à l'espace Suzy Solidor, célèbre artiste des années 40.
Et rappelez-vous que souvent, descendre est plus difficile que monter...😅😅😅 

Le zoo...

Zoo !

Mot magique !
Qui n'a pas le souvenir d'une visite à un zoo quand il était enfant ? De ces émerveillements devant les éléphants, les girafes, les rires devant les facéties des singes, le frisson de la peur lorsque le lion baillait en ouvrant grand sa gueule découvrant ses crocs redoutables.
C'était aussi l'occasion de chiper et croquer quelques cacahuètes dans le sachet acheté pour jeter aux singes facétieux. Les enfants en ces années 60 étaient fascinés par cet univers, Il régnait une atmosphère très particulière dans ces endroits un peu hors du temps. Mais une journée au zoo de Vincennes laissait dans la tête des images pour longtemps...

Certes, avec les années, le plaisir n'est plus le même, les documentaires animaliers ont largement désacralisé le mystère des animaux sauvages. Les images que nous voyons aujourd'hui auraient horrifiées les gamins que nous étions.... 
A l'époque, sur la seule chaîne de TV, il n'y avait qu'un documentaire animalier, "La vie des animaux" de Frédéric Rossif qui était commenté par Claude Darget (journaliste auparavant présentateur du journal télévisé et placardisé car il déplaisait à De Gaulle, mais je m'égare). L'émission passait le samedi soir et bien entendu, les images étaient très softs, pas question de traumatiser les chères têtes blondes avant de les envoyer au lit. On ne connaissait ces animaux qu'à travers les illustrations figées de nos encyclopédies, le noir et blanc et la qualité moyenne des images ajoutaient un petit côté magique à ces documentaires.
Aujourd'hui, les reportages animaliers sont devenus monnaie courante, il y a même une chaine spécialisée (NatGéoWild) qui diffuse en continu. Maintenant, lorsque les lions capturent un buffle, le sang gicle sur les écrans, les hyènes éviscèrent les gazelles, les crocodiles découpent les zèbres qui ont l'imprudence de traverser la rivière parce que l'herbe est plus verte sur l'autre rive. Si ces documentaires ont gagné en réalisme, ils ont indéniablement perdu en poésie...
On pourrait croire que cette surabondance d'images aurait tué les zoos.

Il n'en est rien.

Ils gardent toujours un énorme pouvoir d'attraction auprès des enfants. Dans chaque région des parcs animaliers ont été créés, avec il faut le reconnaître, plus ou moins de réussite. Certains ont acquis une renommée internationale et développent des programmes de sauvegarde d'espèces menacées, comme Beauval. D'autres hélas, vivotent avec des moyens réduits, et les animaux y vivent dans des conditions parfois douteuses.
C'est le cas du Zoo de Fréjus, objet de ce premier "Carnets de ballades"…
Le parc zoologique de Fréjus est un parc privé créé en 1971. Il est situé dans un cadre naturel typiquement méditerranéen, agréablement paysagé et bénéficie du climat privilégié de la Côte d'Azur. Une visite au mois de juillet vous fera peut-être changer d'avis. Les chemins rocailleux de ce parc de 600 hectares réfléchissent les rayons du soleil et il y fait très, mais vraiment très chaud et les zones ombragées sont rares sinon inexistantes. Quand on arrive au bout de la visite, malgré un plan des installations incohérent et pas à jour, on est sur les rotules et assoiffé. Un misérable snack, au tarifs prohibitifs, permet de se réhydrater.
Quant aux animaux, il manque cruellement de verdure et de zones ombragées et ne sont pas toujours très visibles. Bref, sentiment d'ensemble très mitigé et ce ne sont pas les tarifs d'entrée, 17€ pour les adultes, 12€ pour les enfants qui amélioreront l'impression générale.

Conclusion : visite évitable même si les enfants apprécieront.